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Selon un sondage Viavoice pour l'ACFCI, Grant Thornton et « Les Echos », 63 % des chefs d'entreprise se disent directement touchés par la crise et les deux tiers n'envisagent pas son terme avant mi-2011. Dans ce contexte, ils hésitent entre réduction des déficits publics et soutien à la croissance.
Plus le temps passe et plus la perspective d'une sortie de crise s'éloigne pour les chefs d'entreprise… Selon un sondage réalisé par Viavoice pour l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI), le cabinet d'expertise comptable Grant Thornton et « Les Echos », les dirigeants d'entreprise sont de plus en plus inquiets sur l'évolution de la situation économique. Désormais, 70 % des patrons interrogés se disent pessimistes sur la croissance dans les mois qui viennent. C'est bien plus (+ 7 points) que lors de la dernière enquête, en janvier, qui avait pourtant déjà témoigné d'une dégradation de leur moral, mettant fin à trois trimestres d'embellie.
« Ce très mauvais résultat s'inscrit dans un triple contexte de la publication d'un taux de croissance plus décevant que prévu au premier trimestre [+ 0,1 % selon la première estimation de l'Insee, NDLR], des fragilités financières européennes qui persistent en dépit du plan de sauvetage, et des mesures d'austérité ou de rigueur adoptées en France, mais également en Espagne, au Portugal et, bien évidemment, en Grèce », écrit François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice.
Ce sentiment s'appuie notamment sur le vécu quotidien des chefs d'entreprise interrogés : 63 % d'entre eux estiment que leur société est directement touchée par la crise, soit plus que l'an dernier à la même époque (60 %), au moment où la France sortait tout juste de la récession. Principales raisons évoquées : des commandes moins nombreuses, des perspectives qui se dégradent et des clients qui négocient davantage les prix. « La crise est longue pour des PME qui ont déjà réalisé des économies, se retrouvent avec des situations de trésorerie tendues et qui n'ont pas de visibilité », explique Jean-Jacques Pichon, associé chez Grant Thornton.
Face à cette situation, les dirigeants vont continuer à chercher à limiter leurs dépenses de fonctionnement (pour 82 % d'entre eux) au cours des prochains mois. Signe plus inquiétant, plus de la moitié disent vouloir réduire les investissements, ce qui va à l'encontre d'une récente enquête de l'Insee auprès des industriels qui disaient, eux, anticiper un rebond de leurs investissements cette année.
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