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Actualités Prochain atelier ESSEC Repreneurs - 3 juin 2010

Les principales sources de stress des dirigeants de petites entreprises
 
Les patrons de PME et de TPE à l'épreuve du stress

Insomnies, angoisses, problèmes de santé… Selon une enquête menée par le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables et TNS Sofres, les patrons de PME ne seraient pas épargnés par le stress.


La vie des petits patrons n'est pas un long fleuve tranquille. Mais, jusqu'à présent, les chiffres manquaient cruellement sur leur ressenti. Dans le cadre de leur baromètre des PME et TPE, en partenariat avec « Les Echos », le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables et TNS Sofres ont donc mené l'enquête. Le mois dernier, ils ont interrogé 800 dirigeants de société pour comprendre leurs préoccupations.


Premier constat : 72 % des sondés estiment que la situation économique et sociale « a tendance à aller plus mal ». Conséquence, 63 % des patrons de PME avouent éprouver du stress. Les femmes y semblent plus vulnérables : 71 % des dirigeantes de PME s'en disent victimes, contre 60 % de leurs homologues masculins.



Facteurs émotionnels

Sans surprise, aux yeux de 69 % des sondés, ce mal est d'abord généré par « l'évolution du carnet des commandes ». Mais, à la deuxième place, « la gestion du personnel » est une source de stress pour 67 % des patrons. Devoir gérer des collaborateurs pèse donc davantage sur leurs épaules que la charge de travail (48 %), pourtant accablante puisque ces patrons passent, selon l'étude, plus de 50 heures hebdomadaires à la tâche.


Davantage aussi que les « craintes d'impayés », croissants en temps de crise, mais qui n'inquiètent qu'un patron sur deux. Davantage, enfin, que la situation de leur trésorerie, qui n'angoisse que 47 % des répondants. « Dans une PME, les difficultés de trésorerie sont des problèmes récurrents. Les patrons vivent avec, explique le chercheur Olivier Torrès, spécialiste des petites entreprises. Mais lorsqu'ils doivent licencier une personne avec laquelle ils travaillent depuis dix ans, cela crée un traumatisme. » L'étude en témoigne : « Ils sont 35 % à craindre de se séparer de collaborateurs qui donneraient satisfaction », observe Emmanuel Rivière, directeur du département stratégies d'opinion de TNS Sofres.


Dans ces entreprises à taille humaine, un patron se sent personnellement responsable de ses troupes. « Une des sources de stress est aussi de devoir payer les salaires à la fin du mois », raconte Laurence Depond, ancienne cadre de General Electric. Aux commandes de Torchons et Bouchons, elle avoue échapper au problème en sous-traitant la plupart de ses activités.


« Les dirigeants de PME peinent à entretenir des relations objectives avec leurs collaborateurs. Or diriger une entreprise est un métier. Ils doivent impérativement prendre de la distance », renchérit Hubert Reynier, ancien patron de PME qui a fondé le cabinet de coaching Visconti.


Pour l'heure, « quand un salarié quitte l'entreprise, il n'est pas rare que cela génère un profond sentiment de trahison chez son dirigeant », poursuit Olivier Torrès. 



Casse-tête juridique

A ces facteurs émotionnels s'ajoute un casse-tête juridique dans des sociétés où les patrons doivent aussi faire office de DRH. Et où la crise a contraint près de la moitié d'entre eux « à se sentir dépassés par tout ce qu'ils avaient à faire » au cours des douze derniers mois.


Pas simple, donc, de prendre du recul. Pour preuve : 42 % des sondés déclarent avoir des angoisses dans les PME (58 % dans les TPE). Un tiers des patrons de PME (34 %) ont des problèmes de santé ; ils sont 58 % dans les structures plus petites. Et un dirigeant sur deux, quelle que soit la taille de son entreprise, souffre d'insomnie.


« Parmi les phénomènes inédits qui jouent sur le stress, Internet et les téléphones portables nous ont fait perdre la notion du temps. Nous n'avons pas encore appris à dompter ces instruments, estime Pierre Grafmeyer, vice-président du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables et lui-même chef d'entreprise. Or les dirigeants de PME sont d'autant plus exposés qu'ils font souvent des métiers de services, où il faut sans cesse rester disponible pour ne pas perdre un contrat. »


Mais, selon Olivier Torrès, ce n'est pas tout. « L'idéologie du leadership reste pugnace et interdit au patron d'avoir des failles. Elle leur impose d'apparaître tels des surhommes. Parallèlement, le fait de parler du stress des collaborateurs a conduit à une victimisation des salariés et, face à des victimes, il faut un bourreau. Cela a recréé un manichéisme qu'il faut briser. »


LAURANCE N'KAOUA

Source Les Echos



 

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